L’édition 2026


Découvrez les principaux thèmes qui rythmeront ces trois jours à Nantes. Rencontres, débats et lectures s’articuleront autour de plusieurs grandes questions : les écritures européennes d’aujourd’hui, les héritages historiques et culturels, les mutations des sociétés et les nouvelles formes d’engagement littéraire. Autant de pistes pour penser, avec les auteurs et autrices invitées, l’Europe par la littérature.

  • Malaise de la décolonisation
  • Pessoa et la dictature
  • Revendication des femmes au Portugal
  • Le roman graphique
  • Poésie avec Djaimilia Pereira de Almeida
  • Portugal, paragonita de vertu européenne
  • La Révolution des oeillets
  • Hommage à l’écrivain Antonio Lobo Antunes
  • Année 60, l’émigration portugaise en France

Vendredi 13 novembre 2026

18h00 – Ouverture de la grande librairie portugaise

18h30 – Concert

Une introduction musicale, chaleureuse et vivante pour célébrer ensemble la culture portugaise, par les élèves de la Maison des Arts
de Saint-Herblain, accompagnés par leur enseignant Carlos Ribeiro et l’artiste Céline Costa (chant et adufe)

19h00 – Grand débat d’ouverture : « Malaise de la décolonisation »

avec Isabela Figueiredo, Catarina Gomes et Yves Léonard
Modératrice : Camille Thomine, journaliste à Lire Magazine Littéraire
Isabela Figueiredo (1963)

Dernier titre paru : Un chien au milieu du chemin, traduit par Myriam Benarroch, Chandeigne & Lima, 2025.

Voix importante de la littérature portugaise contemporaine,
Isabela Figueiredo est professeure de portugais, journaliste et romancière. Née à Maputo, elle arrive au Portugal en 1975, au moment de l’indépendance du Mozambique, en tant que rapatriée.
Elle publie en 2009 Caderno de Memórias Coloniais (Carnet de mémoires coloniales) où elle revient sur son enfance et confronte l’histoire familiale au passé colonial portugais. Ce livre coup de poing, qui brise certains tabous, a reçu le Prix des lecteurs 2022 du Festival des littératures européennes de Cognac, et a été adapté cette année chez l’éditeur Caminho en roman graphique, avec des dessins de Julia Barata.

Catarina Gomes (1975)

Dernier titre paru : Terres minuscules, traduit par Hélène Melo, Chandeigne & Lima 2026.

Née à Lisbonne, Catarina Gomes est journaliste et romancière. Autrice de plusieurs récits documentaires, elle a publié en 2022
son premier roman, Terrinhas, traduit en France cette année, et a reçu le Prix de la révélation Agustina Bessa-Luís.
Avec Pai, tiveste medo ? (Matéria-Prima Edições, 2014), elle abordait la manière dont les expériences des anciens soldats
ont affecté la génération de leurs enfants.
Puis elle a révélé, dans son enquête Furriel não é nome de pai (Tinta da China, 2018), l’histoire des enfants que des soldats portugais ont eus avec des femmes africaines pendant les guerres coloniales et qu’ils ont laissés en Afrique. Catarina Gomes a travaillé pendant près de 20 ans pour le quotidien Público, remportant certains des prix de journalisme portugais les plus prestigieux, dont le Gazeta. Elle a été deux fois finaliste du Prix Gabriel García Márquez de journalisme et s’est vu décerner le Prix du Roi d’Espagne pour le journalisme international.

Yves Léonard (1961)

Dernier titre paru : Otelo, la voix
de la révolution des Œillets, 
Chandeigne & Lima, 2026.

Historien, Yves Léonard est l’auteur d’une Histoire du Portugal contemporain (Chandeigne & Lima 2016) et d’une Histoire de la nation portugaise (Tallandier, 2022).
Après Salazar, le dictateur énigmatique (Perrin, 2024), il a fait paraître cette année un essai consacré à Otelo Saraiva de Carvalho, l’une des grandes figures de la révolution du 25 avril 1974.
Membre correspondant du Centre d’histoire de Sciences Po (CHSP) et de l’Institut d’histoire contemporaine (IHC, université nouvelle de Lisbonne), chercheur-associé à l’université de Rouen-Normandie (GRHis), il collabore à des médias en ligne comme Le Grand Continent.


Samedi 14 novembre 2026

14h30 – Ouverture de la grande librairie portugaise

14h45 – « Pessoa, dictature et liberté »

avec Joanna Cameira Gomes et Isabela Figueiredo
Modérateur : Thierry Froger, écrivain, poète et plasticien
Joanna Cameira Gomes (1987)

Vivant à Paris depuis 2007, Joanna Cameira Gomes a étudié à Sciences Po Paris puis les lettres et les arts à l’université Paris-Diderot où elle s’est notamment consacrée à l’étude de Fernando Pessoa, explorant Le Livre de l’Intranquillité ainsi que ses écrits sur le génie et la folie. Elle a travaillé pour le cinéma et le théâtre en tant que traductrice, avant d’enseigner le portugais et la traduction à l’université Sorbonne Nouvelle.
Elle a participé à trois anthologies consacrées à Fernando Pessoa :
Je(ux) (2014), Lisbonne revisitée (2023) et Gare à Salazar ! Écrits et poèmes sur la dictature (2025).

Isabela Figueiredo (1963)

Dernier titre paru : Un chien au milieu du chemin, traduit par Myriam Benarroch, Chandeigne & Lima, 2025.

Voix importante de la littérature portugaise contemporaine,
Isabela Figueiredo est professeure de portugais, journaliste et romancière. Née à Maputo, elle arrive au Portugal en 1975, au moment de l’indépendance du Mozambique, en tant que rapatriée.
Elle publie en 2009 Caderno de Memórias Coloniais (Carnet de mémoires coloniales) où elle revient sur son enfance et confronte l’histoire familiale au passé colonial portugais. Ce livre coup de poing, qui brise certains tabous, a reçu le Prix des lecteurs 2022 du Festival des littératures européennes de Cognac, et a été adapté cette année chez l’éditeur Caminho en roman graphique, avec des dessins de Julia Barata.

16h00 – « Revendications des femmes au Portugal »

avec Isabela Figueiredo et Ana Maria Torres
Modératrice : Camille Thomine, journaliste à Lire Magazine Littéraire

Ana Maria Torres (1989)
Dernier titre paru : Terra Fria, La Grange Batelière, 2022.

Luso-descendante, Ana Maria Torres a grandi entre Paris et le Trás-os-Montes de ses parents, dans le nord du Portugal. Dans Terra Fria, se mêlent le destin et les souvenirs de Madalena et Marta, mère et fille. Se racontent la campagne, la récolte des olives, les fêtes votives, la roue des générations, l’exil et le retour. Une société en voie de disparition et figée, où les femmes se devaient se marier, avoir des enfants et obéir.

« Quand Marta était petite, elle s’amu- sait avec ses sœurs à savoir quand elles allaient se marier. Elle remplissait un verre d’eau, enfilait un anneau en or dans un de ses longs cheveux et le plaçait au-dessus du verre. Elle comptait les coups de l’anneau sur le bord. Un, deux, trois, cinq. La bague se balançait, oscillait le temps tel le pendule de Foucault. Soulagement quand on dépassait les vingt. Inquiétude quand on allait au-delà de trente. Allait-on se marier un jour ? »

17h20 – « Le roman graphique »

avec Cyril Pedrosa et Madeleine Pereira
Modératrice : Amandine Glévarec, médiatrice littéraire

Cyril Pedrosa (1972)
Dernier titre paru : Nanbanjin, avec Taiyô Matsumoto, Dupuis, 2026.

C’est avec Les Cœurs solitaires (2006) que Cyril Pedrosa entame une carrière d’auteur complet avec des récits autofictionnels au graphisme « libéré ». Suivront notamment Trois Ombres, évoquant avec pudeur la mort d’un enfant du point de vue des parents (2007), Autobio, série humoristique sur l’écologie prépubliée dans Fluide glacial (2007-2009).
En 2011 le roman graphique Portugal, récompensé par le Prix des Libraires de BD et le Prix de la BD Fnac, met en scène un auteur de bande dessinée en crise qui retrouve le sens de la vie en se rendant au Portugal, d’où sa famille est originaire.
Pour Nanbanjin, inspiré du livre La Découverte du Japon (Chandeigne & Lima, 2017), Pedrosa a collaboré avec le mangaka japonais Taiyō Matsumoto : ils retracent, en deux tomes, l’arrivée des Portugais au Japon au 16e siècle, donnant à voir l’Histoire
du point de vue occidental et japonais.

Madeleine Pereira (1997)
Dernier titre paru : Borboleta, éditions Sarbacane, 2024.

Née en 1997 en région parisienne, Madeleine Pereira vit à Angoulême. Diplômée de l’ESAL d’Épinal puis de l’EESI d’Angoulême, elle développe un travail au croisement du récit intime, de l’enquête documentaire et de la mémoire familiale. Dans Borboleta, elle enquête sur l’histoire de son père, arrivé en France en 1973, et explore à travers plusieurs témoignages la mémoire de l’émigration portugaise, la dictature salazariste et la transmission familiale.

« À l’école, en France, on apprend un peu la dictature de Hitler et de Franco, mais personne ne connaît Salazar. […] J’ai l’impression que ma génération ne connaît pas très bien l’histoire de leurs parents, parce que beaucoup de pères ne veulent pas en parler. […] Dans le contexte actuel de menaces de fascisme, surtout en Europe, je pense qu’il est important de raconter qu’il y a aussi eu un fascisme au Portugal.» (LusoJornal, 28 mai 2026)

18h45 – « En quête de fiction, du reportage au roman »

avec Catarina Gomes
Modératrice : Camille Thomine, journaliste à Lire Magazine Littéraire

Catarina Gomes (1975)
Dernier titre paru : Terres minuscules, traduit par Hélène Melo, Chandeigne & Lima 2026.

Dans son premier roman,Terrinhas, Prix de la révélation Agustina Bessa-Luís en 2022, la journaliste Catarina Gomes raconte comment, à l’occasion d’un héritage inattendu d’un grand-oncle émigré au Brésil, une architecte d’intérieur revient dans la terrinha d’origine et déterre des secrets familiaux.

« Jouant avec les codes de ce qui aurait pu être un roman nostalgique du retour à la terre, Catarina Gomes campe une héroïne imperméable aux émotions et bien décidée à se délester du cadeau mesquin de son aïeul. […] Les visages qui se referment à l’écoute de son patro- nyme la conduisent à découvrir le crime de sang perpétré par un aïeul sur l’un des terrains. D’un coup, les choix et les manies des parents et de la grand-mère de Claudia s’expliquent. Fruit d’une dispute si éloi- gnée du monde de la narratrice, le meurtre – qu’on croirait tiré d’un film de Claude Chabrol – parachève la description vertigineuse du fossé entre les générations creusé par l’exode rural et l’émigration.» (Gladys Marivat, Le Monde, 30 août 2026)

19h30 – « Anniversaire : les éditions Chandeigne & Lima ont 35 ans »

35 ans d’édition indépendante chez Chandeigne & Lima, c’est 300 titres dont 200 traductions : littérature, classique et contemporaine, histoire, aventures et anthologies.
Un catalogue tourné vers le monde lusophone et les récits de voyage, construit avec goût et exigence, avec de précieux compagnons de route (auteurs, traducteurs, illustrateurs, préfaciers).


Dimanche 15 novembre

14h30 – Ouverture de la grande librairie portugaise

14h45 – « Portugal : parangon de vertu européen ? »

avec Victor Pereira et José Vieira
Modératrice : Amandine Glévarec,médiatrice littéraire

Victor Pereira (1978)
Dernier titre paru : C’est le peuple qui commande. La Révolution des Œillets : 1974-1976, éditions du Détour, 2023.

Maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Pau et des Pays de l’Adour, Victor Pereira est chercheur à l’Institut d’histoire contemporain de l’université nouvelle de Lisbonne. Il mène des recherches sur les migrations portugaises et sur l’histoire du XXe siècle portugais. Membre des comités de rédaction de plusieurs revues scientifiques, il a collaboré avec le Musée national de l’histoire de l’immigration et participé à la conception d’expositions (Refuser la guerre coloniale, Paris, 2019 ; 1940 : l’exil pour la vie, Bordeaux, 2020-2021).

José Vieira (1957)
Dernier titre paru : Souvenirs d’un futur radieux, Chandeigne & Lima, 2024.

José Vieira arrive en France au début des années 1960. Avec sa famille,
il vit d’abord dans un bidonville à Massy, période qu’il raconte dans Souvenirs d’un futur radieux, qui a reçu le Prix Des racines et des mots
de la littérature de l’exil.
Étudiant travailleur à la fin des années 1970, il suit un cursus de sociologie 12 et s’investit dans les mouvements pour l’égalité et contre le racisme.
Il a réalisé une trentaine de documentaires, notamment pour France 2, France 3, la Cinquième et Arte, avec pour base de travail son expérience personnelle et les histoires individuelles liées à l’exil et l’immigration.

16h00 – « La révolution des Œillets »

avec Yves Léonard et Victor Pereira
Modérateur : Thierry Froger, écrivain, poète et plasticien

Yves Léonard (1961)
Dernier titre paru : Otelo, la voix de la révolution des Œillets, Chandeigne & Lima, 2026.

Historien, Yves Léonard est l’auteur d’une Histoire du Portugal contemporain (Chandeigne & Lima 2016) et d’une Histoire de la nation portugaise (Tallandier, 2022). Après Salazar, le dictateur énigmatique (Perrin, 2024), il a fait paraître cette année un essai consacré à Otelo Saraiva de Carvalho, l’une des grandes figures de la révolution du 25 avril 1974.

Victor Pereira (1978)

Dernier titre paru : C’est le peuple qui commande.
La Révolution des Œillets : 1974-1976
, éditions du Détour, 2023.

L’historien Victor Pereira propose une vision renouvelée de la révolution des Œillets, trop souvent réduite à un coup d’État pacifique qui ne dura que quelques heures. Plus que le renversement d’une dictature par l’armée, cette révolution enclenche un profond bouleversement social et démocratique et signe la fin d’un empire colonial européen majeur.

17h15 – « Hommage à António Lobo Antunes »

Lecture du Dictionnaire du langage des fleurs (Christian Bourgois, 2026, trad. Dominique Nédellec) par Norman Barreau-Gély

17h40 – Grand débat de clôture : « L’émigration portugaise en France »

avec Ana Maria Torres et José Vieira
Modératrice : Christelle Capo-Chichi, médiatrice littéraire

Ana Maria Torres (1989)
Dernier titre paru : Terra Fria, La Grange Batelière, 2022

Luso-descendante, Ana Maria Torres a grandi entre Paris et le village
de Santulhão. Traductrice littéraire et libraire spécialisée en littérature étrangère, elle codirige chez Chandeigne & Lima la collection « Brûle-Frontières », qui accueille des textes francophones contemporains consacrés aux situations d’entre-deux culturel et linguistique.
Dans Terra Fria, elle rend hommage à la vie rurale et à la région de Trás-os- Montes. Dans l’épilogue, elle écrit :

«J’écris sur un pays qui n’existe plus. Celui de mon enfance. Celui de ma mère qui est partie trop tôt. À contre-courant, j’écris. Pour lutter contre l’oubli. Déserts ruraux, migrations urbaines, incen- dies, des réalités qui glacent l’échine. Le souvenir s’estompe et le village se réduit en peau de chagrin. Capter l’instant des saisons pour les revivre. Pour toujours.»

José Vieira (1957)
Dernier titre paru : Souvenirs d’un futur radieux, Chandeigne & Lima, 2024.

José Vieira arrive en France au début des années 1960. Avec sa famille,
il vit d’abord dans un bidonville à Massy, période qu’il raconte dans Souvenirs d’un futur radieux, qui a reçu le Prix Des racines et des mots de la littérature de l’exil. Étudiant travailleur à la fin des années 1970, il suit un cursus de sociologie et s’investit dans les mouvements pour l’égalité et contre le racisme. Il a réalisé une trentaine de documentaires, notamment pour France 2, France 3, la Cinquième et Arte, avec pour base de travail son expérience personnelle et les histoires individuelles liées à l’exil et l’immigration.

Avec la projection d’extraits du film Le Drôle de mai. Chronique
des années de boue 
de José Vieira (La Huit, 2008, 54 min)


Autres animations pendant
les Rencontres littéraires portugaises

Grande librairie portugaise : (400 références en littérature contemporaine et classique, poésie, biographies…) animée par la librairie Durance

Lectures à voix haute pendant les débats par :

Céline Grolleau
Julia Lemaire
Yves Arcaix
Norman Barreau-Gély

Concert avec les élèves de la Maison des Arts de Saint-Herblain,
Carlos Ribeiro et Céline Costa

Exposition : « 35 ans de livres
aux éditions Chandeigne & Lima »